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La crêpe de l’horreur et l’hôtel des délices

Ou comment vivre Halloween à l’avance péniblement et involontairement et ensuite le jour même très volontairement et très agréablement Paris est plein de tentations, que je vais essayer d’éviter au maximum dans les mois qui viennent pour mettre quelques piécettes de côté afin d’agrémenter un voyage rêvé de longue date et qui commence à prendre forme. Pas toujours facile quand il fait un temps radieux et qu’une amie t’envoie un SMS court mais explicite : « brunch ? » Un brunch en terrasse sous le soleil fin octobre, ça ne se refuse pas et c’est du bonus de vitamine D et de bonne humeur pour les jours froids et sombres qui arrivent à grand pas. Brunch suivi d’une toute aussi agréable ballade à travers le Marais, les quais de Seine, l’Ile de la Cité et l’Ile Saint-Louis comme des touristes de base afin de digérer d’une part et d’assouvir d’autre part une brusque et immédiate envie de crêpes qui nous mord à la base du coup. L’envie de crêpe, ça ne se commande pas. Quand il faut …

Le spot de l’été

L’été arrive (enfin normalement) (c’est pas gagné vu la météo) et tous les bons parisiens que nous sommes se ruent à l’affût de terrasses accueillantes, parcs, rooftops plus ou moins trendy, voire péniches aménagées pour tenter de lézarder au bord de l’eau ou dans un petit coin de verdure au milieu du bitume surchauffé. Enfin pour les péniches, il va falloir les repêcher au fond de la Seine, vu que la crue soudaine du mois de mai en a envoyé certaines par le fond. Oui, l’été, le parisien bobo ou pas se sent une âme bucolique et compulse frénétiquement les guides des bons plans pour trouver LE spot qui fera sa joie et qu’il pourra exhiber fièrement comme un secret précieux et émerveiller ses congénères dans les dîners en ville. C’est un sport local. Je vais donc partager mon secret précieux et t’émerveiller, foule parisienne assoiffée, pour notre plus grand émerveillement à tous. Je n’ai pas fait preuve d’originalité ni de recherche pour le trouver, je suis tombée simplement dessus en feuilletant digitalement le site …

Regarder le crépuscule

Parfois, c’est bien de lever son nez de son téléphone et de regarder le ciel. Ca permet de voir un somptueux crépuscule descendre sur la Seine et de figer le moment dans l’éternité des internets. Parfois aussi, c’est bien de ne même pas figer le moment mais juste d’en profiter. Tant pis pour les autres, il n’y aura que ton cerveau qui gardera un joli souvenir. Mais tu pourras dire « j’y étais, j’ai tout vu ». Je regarde toujours le ciel au moins une fois par jour, histoire de voir s’il y a des jolis nuages ou des changements de couleurs. Je regarde toujours le crépuscule, c’est mon moment préféré de la journée. Cet instant indécis et souvent très doux entre lumière et ombre, quand la journée n’est pas tout à fait terminée et la nuit pas encore commencée. J’aime bien les moment flous, indécis, indéterminés qui arrêtent la course du temps même pour quelques secondes. J’aimerais les figer éternellement, mais je ne peux pas. Alors je les prends souvent en photo. Ou je les regarde, …

Meilleur repas de l’année

Vegans, passez votre chemin, ceci risque de heurter votre sensibilité. Comme d’autres arrondissements de l’Est Parisien, le 19ème, mon quartier  se gentrifie assez rapidement. Longtemps resté un peu isolé compte tenu de sa situation géographique excentrée, et plus ou moins bien desservi (les initiés connaissent la fameuse ligne 7bis, la ligne où tu attend ton métro 10 minutes pour faire un trajet qui dure 3 minutes), le 1-9 qui offre encore de beaux espaces aménageables à des prix restés raisonnables, intéresse de plus en plus les investisseurs et la hype parisienne. Le 19ème, contrairement à d’autres arrondissements offre également un bien précieux à Paris : l’espace. Entre parcs et canal ce ne sont pas les espaces libres ou de promenade qui manquent. Les Buttes-Chaumont sont devenus LA pelouse incontournable dès qu’il fait beau avec le Rosa Bonheur blindé en permanence. Même s’ils existe dans le parc d’autres restaurants et cafés bien plus agréables et plus discrets, nichés dans la verdure. Le Parc de la Villette est  un point central de la culture parisienne avec ses …

Bar, Bars

Face à l’horreur renouvelée que nous procure actuellement l’actualité et nos amis barbus et barbants qui ont décidé que l’occident moderne c’était moche et qu’il fallait absolument l’envoyer en l’air (à défaut de s’envoyer en l’air, eux, ça leur ferait peut-être du bien), 3 attitudes possibles 1/ Agir, mais tout le monde n’en a pas les moyens. On a pas tous une armurerie pleine de Kalashnikovs prêtes à l’emploi sous la main. 2/ Se recroqueviller dans un abri souterrain avec un stock d’oxygène et de nourriture en attendant que la fin du monde arrive 3/ Continuer à vivre et à s’amuser. Ce qui est, à mon sens, le meilleur moyen d’emmerder les dits barbus. Sans minimiser la gravité des attentats et la douleur des victimes et de leurs proches auxquels on pense bien fort, où qu’ils se trouvent, sachant que la vie est précieuse et que chaque jour nous enseigne qu’elle peut s’arrêter brutalement, autant en tirer le meilleur parti possible. C’est du moins l’option que j’ai choisie. Ceci pour glisser sur quelques endroits découverts …

Miss-tic

Parfois la vie t’offre des sketches qu’aucun auteur de stand-up ne pourrait imaginer. Hier, après une flânerie bien agréable qui m’a menée sur la rive gauche de notre capitale, je fais un petit tour, pour le plaisir des yeux (car pour le plaisir du porte-monnaie il faut au moins avoir le pouvoir d’achat de Lilliane Bettencourt) au Bon Marché, temple du luxe et du bon goût à la parisienne. Personnellement j’adore perdre mon temps dans les rayons de la grande épicerie de ce magasin, ode au plaisirs du palais sous toutes leurs formes. Même si je n’achète rien ou une babiole, la vue des rayons impeccablement agencés, pleins de tentations gourmandes exotiques et où chaque fruit et légume semble sorti d’Instagram avec filtre, me ravit toujours l’oeil.   Un jour je goûterai ce sandwich au homard, quitte à avoir recours à des moyens illégaux pour me le payer. Au-dessus de la grande épicerie il y a un restaurant-café bien agréable, calme, aux prix parisiens certes, mais qui vaut le coup de s’y arrêter pour une …

Paris brûle-t-il ? Non, il se transforme

On dit souvent que les grands esprits se rencontrent. C’est vrai, quoique parfois ils se croisent sans se rencontrer aussi. Et parfois ils se rencontrent et ils s’engueulent car à grands esprits, grands egos. (souvent). Bref, tout ceci pour dire qu’il y a peu nous avions une discussion entre grands esprits sur Paris, notre Paris toujours intact et pourtant toujours en mouvement. Paris joli, Paris magnifique. Ou presque. Certains coins (rares) restent assez sinistres malgré les rénovations. Mon père me disait que la rue de Flandres par exemple était déjà moche bien avant qu’un architecte probablement amateur de béton et de substances illicites ait l’idée de tout y casser pour y construire des espèces d’orgues (ou d’accordéons on ne sait pas trop) destinés à y empiler les masses laborieuses pour des loyers modiques. Ce qui a ruiné pour de longues années l’idée de pouvoir tirer quelque chose d’esthétique de cette longue perspective sans aucune grâce. Autre exemple, la place de la Nation. Qui, dans l’absolu, n’est pas moche. Mais froide, trop grande, bruyante,  pas animée …

Ceinture

A Paris il est parfois devenu difficile de trouver un endroit calme : au moindre rayon de soleil, les terrasses, les berges de Seine ou des canaux, les promenades, les pelouses des parcs sont prises d’assaut et on a plus l’impression d’être dans le métro à l’heure de pointe ou au Montana (cloube branché parisien) à 3 heures du matin que dans un endroit conçu pour la détente et les doigts de pieds en éventail. La dernière fois que j’ai remis un orteil dans mes Buttes-Chaumont par exemple, (oui, le parc m’appartient, ainsi que tout le 19ème arrondissement, c’est comme ça), cet été j’ai quasi été obligée d’assassiner 2 ou 3 hipsters pour trouver une table au Rosa Bonheur et contempler le défilé de mode qui a remplacé le défilé de poussettes de mamans du quartier qui se tenait il n’y a encore pas si longtemps au même endroit. En aparté je déteste totalement le Rosa Bonheur, endroit bondé en permanence, surfait et complètement artificiel qui n’a pour seul mérite que d’être au vert dans …