Musique, Non classé
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Like a boss

 

Sans vouloir jouer les anciennes combattantes, en quelques décennies de musicalité musicale, j’en ai enquillé, des concerts.

Et pas des moindres, j’ai vu des mythes confirmés et quelques-uns en devenir. Les Who et les Stones pas encore momifiés, Bob Marley halluciné et hallucinant, Prince pas encore très connu, AC/DC à leurs presque-débuts, le premier grand concert de Téléphone en première partie d’un groupe aujourd’hui oublié, Bowie période Station to Station, Tina Turner renversant totalement Bercy d’un coup de rein et tant d’autres.

Oui j’en ai vu, du pire au meilleur. Des salles qui donneraient aujourd’hui des frissons aux responsables sécurité, des chaises et des bouteilles voler de partout, des groupes qui ne regardaient pas leur montre et jouaient tant que le public réclamait, des amplis qui sautaient, des mélodies parfois aléatoires et des accords pas très justes. Des musiciens qui tombaient dans le public emportés par leur élan. Des mouvements de foule à la limite de la panique.

Pourtant, j’ai loupé quelques monuments. Des artistes aujourd’hui morts ou à la retraite et que malheureusement je ne verrai jamais.

Et certains heureusement encore en activité. Dont le boss, Bruce Springsteen. Qui donne deux concerts en ce moment à l’ex-Bercy, aujourd’hui renommé Hotels Accor Arena.

J’avais quelques réticences au départ. L’âge du monsieur, déjà. 66 ans, pour tenir une scène, pas toujours évident. J’ai vu quelques retours de vieux rockeurs assez pathétiques pour être vaccinée.

La salle ensuite. Je n’ai jamais aimé Bercy – HAA. Ni les trop grandes salles. Mon maximum désormais c’est l’Olympia.

Pour Bercy-HAA au passage malgré les travaux, l’acoustique est toujours aussi miteuse. C’est presque scandaleux vu le prix des places.

Mais, des gens qui avaient vu Springsteen l’an passé au Stade de France m’ont vivement encouragée à ne pas louper son passage.

J’ai donc investi. Grâce à une inscription que j’avais totalement zappée au Club Accor suite à un séjour dans un de leurs hôtels, j’ai même pu obtenir une bonne place en pré-vente avant tout le monde. En gradin. Pas trop haut placée avec une bonne visibilité.

A l’entrée, j’étais un peu dubitative. Le public n’était pas jeune-jeune. C’est-à-dire qu’il avait en moyenne mon âge physique, que mon âge mental refuse toujours d’admettre. Ce qui me fait considérer toute personne de plus de 40 ans qui fait du jardinage comme un ancêtre potentiel.

Et puis le boss est arrivé. Un peu vouté, en traînant les pieds, tout seul, lentement. Je me suis dit « ouhla, je vais rester assise sur mon siège pendant 2 heures ».

Il s’est mis au piano.

En 1 minute il m’a retourné les tripes. Les miennes et celles de toutes la salle.

Sa voix est toujours là. Rocailleuse, âpre, rauque, intense, déchirante.

Et après….

Une folie totale.

4 heures. QUATRE HEURES pendant lesquelles il a revisité son album « The River » et ses plus grands tubes. 4 heures de larmes de joie, de danse, de cris, de transe, de sueur.

Avec une salle qui tanguait, ivre d’amour et de musique et Springsteen qui donne, donne, donne sans aucune mesure. Alternant les titres de feu et les ballades. Personnellement c’est dans ces moments que je le préfère. Le boss tout seul avec sa guitare, sa voix et son harmonica c’est tout simplement renversant et émotionnel.

Il s’avance dans le public, serre des mains, fait des high fives, embrasse les fans, DESCEND dans la salle, fait le tour du public avec ses musiciens, chante debout dans la fosse, interpelle les gradins, imite James Brown, ramasse les pancartes.

Et, pour ceux qui ont cette chance, fait monter quelques fans sur scène. Je pense que cette dame qu’il a fait danser, cette jeune fille qui tenait une pancarte « papa, je t’ai promis un un câlin avec le boss » qu’il a serré dans ses bras » ou cette autre qu’il a fait monter sur scène et jouer de la guitare avec lui n’oublieront jamais ce moment.

Bref il tient la salle par le bout du coeur, comme un vieux routier qui a des décennies de show derrière lui et connait toutes les ficelles.

Voire lui fait l’amour. Oui, oui. On en est presque là.

J’ai vécu un moment vraiment inoubliable. Surtout à la fin. En voulant me rapprocher pour prendre quelques photos de plus près, au moment des rappels,  j’ai descendu l’escalier de mon gradin. A force de descendre, je me suis retrouvée dans la zone technique totalement interdite au public avec le staff. Sous la scène.

Devant même les premiers rangs du carré or de la fosse. A 2 mètres du patron Qui beuglait « baby we were born to run ». Autant vous dire que j’étais dans un état second.

Sans que personne ne m’arrête.

J’ai mis ceci sur le compte de ma tenue noire et blanche assortie au reste de l’équipe.

D’autant que le rappel a duré une bonne heure, personne ne voulant en rester là, ni lui, ni nous ; qu’il s’est offert à ce moment un nouveau bain de foule, me passant sous le nez à 50 centimètres.

Et qu’il a fait littéralement péter les plombs de la salle au propre et au figuré. Toute la lumière et la sono ont disjoncté pendant au moins 15/20 minutes. Notre Bruce tout-puissant ne se démontant nullement face à cet avatar. Il est parti en acoustique avec tout le E-Street band faire à nouveau le tour de la salle rythmant le message d’évacuation qui demandait en boucle aux gens de sortir calmement. Evidemment personne n’en a tenu compte. Pour finir par signer des autographes, pépouze,  dans le public pour passer le temps et brandir une pancarte « sorry » avant de reprendre de plus belle le fil du concert, une fois le jus revenu.

Pour finir sur une dernière chanson seul sur scène avec sa guitare et son harmonica.

Bref, j’en tremble encore et je pense que je vais mettre plusieurs jours à digérer cette haute dose d’amour et d’émotion.

Malgré tout les concerts vus pendant toutes ces années, c’est probablement un des, ou celui, que j’amènerai avec moi sur une île déserte.

Je te mets bien sûr quelques photos, même si la qualité n’est pas au rendez-vous. L’iphone pour les concerts, ce n’est vraiment pas optimal. Je vais penser sérieusement à m’équiper maintenant que je sais me faufiler sans autorisation dans les zones interdites

J’ai aussi quelques vidéos pas très bonnes au niveau image, mais le son et l’ambiance y sont sur Facebook. Mais pour ça, il faut devenir mon ami(e).

Et c’est pas gagné.

Je suis trèèèèèès sélective.

 

4 commentaires

  1. Bonjour. Quel magnifique billet! J’y étais aussi. Je vais quasiment à tous ses concerts depuis…pfiouuuuu bientôt 25 ans ^^ Te lire décrire ainsi ta 1ère expérience d’un concert du Boss me réjouis et me renvoie 25 ans en arrière : je suis devenue une inconditionnelle le jour où je l’ai vu en concert pour la première fois. Et depuis, je vibre, je chante, je danse, je crie, je saute et je frissonne à chaque concert où je vais. Oui, cette première minute au piano restera, pour moi, gravée (avec tant d’autres minutes inoubliables…) Welcome dans l’univers multigénérationnel du Boss Madame Manu 🙂

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  2. Mon meilleur concert du Boss (je l’ai vu 5 fois) c’est Bercy en 1998 pour la reformation du E Street Band. Le meilleur concert de ma vie, et pareil que toi, j’en ai vu, des pointures. Mais le Boss est LE Boss. Je suis dégoutée de rater celui de mercredi, mais ma santé de merde s’est rappelée à moi. M’en fout, tant qu’il reste le Boss, y’a de l’espoir ! (et y’a encore Zurich à la fin du mois, qui sait… ^^)

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  3. The Boss, Montpellier, 2013. 4 heures de concert qui m’ont prises aux tripes. Ca faisait un an que Clarence Clemmons les avait quitté, il y a eu un hommage. 1 minute d’images, un silence de cathédrale. Emotions au maximum.
    Pépé sait encore bien se défendre, contrairement à certains qui t’offrent à plein plus d’une heure de concert.

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