Humeurs et humour
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Génération quoi ?

Je viens d’une génération qui n’a pas de nom.

Celle des gens qui ont vécu leur enfance dans les années 60, leur adolescence dans les années 70 et leurs premiers pas d’adultes dans les années 80.

Coincée entre les baby-boomers et la génération X personne n’a jugé bon de nous baptiser.

On nous a oubliés. En fait.

Pourtant nous sommes une génération assez heureuse, peut-être moins que les dits baby-boomers.

Nous avons connu à la fois le meilleur et le pire. La parenthèse enchantée, celle où les moeurs se libéraient entre l’arrivée de la pilule et celle du Sida. L’amour libre à tous les étages. Qui ne l’était pas tellement libre en fait. Les moeurs commençait tout juste à se libérer et les filles étaient plutôt encore bridées. Celles qui « couchaient » étaient rapidement identifiées et assimilées à des filles faciles, voire les salopes de service. Il y avait bien encore deux poids, deux mesures. Self-service pour les garçons, la maman ou la putain pour les filles.

Nous avons connu aussi la fin des 30 glorieuses, la mort des idéaux un peu naïfs des années soixante et celle prématurée de grandes idoles de la musique, le début du chômage de masse, le premier choc pétrolier, et, déjà, les premières grandes vagues d’attentats qui étaient plus le fait d’extrémistes politiques que religieux. Les brigades rouges, la bande à Baader, Action directe, Les JO de Munich, les détournements d’avions, il y avait déjà des fous prêts à se faire sauter pour une cause quelconque.

L’ennemi était à l’Est, pas encore au Sud. Les méchants communistes voulaient notre peau à coup de KGB et de menace nucléaire. Pendant que George Marchais était la tête de pont du PC en France et défendait l’idéal post-stalinien à coups de « taisez-vous Elkabbach » à la télévision.

On faisait encore des boums. La télé était ennuyeuse majoritairement avec des coups de folie salvateurs. On vivait dans un monde sans internet, sans radios libres, l’information était verrouillée et plus lente. Il fallait encore se téléphoner avec un poste fixe, s’écrire ou se parler pour maintenir le contact. Instagram s’appelait la pochette de photos papier que tu allais faire développer pour la montrer à tes copains qui n’étaient pas encore d’avant.

Il y avait de grandes manifestations étudiantes contre des réformes de l’éducation nationale (déjà) où on criait « CSR SS » comme nos aînés de 68, qu’on a connu de loin et qui nous a laissé plutôt l’impression d’un camp de vacances géant que d’une révolution sociale.

On a connu le meilleur et le début du pire. Une époque un peu floue entre rose bonbon et gris foncé. Le disco et le punk. Les marées noires et la prise de conscience écologistes. Une mode atroce que personne ne veut voir revenir avec des couleurs criardes et des pattes d’éléphant.

Une génération insouciante, un peu, élevée au « tout est possible », « tout est permis » . Il restait encore des choses à inventer, des barrières à faire tomber, des interdits à bousculer. C’était drôle.

On se cramait au soleil, on faisait des régimes abracadabrantesques, on mangeait gras, on fumait c’était toujours aussi mauvais mais on avait pas d’ayatollahs du bien vivre qui nous hurlaient dessus si on avalait un hamburger.

Hamburger qui n’existait pas encore d’ailleurs. Mc Donalds était un concept éloigné partagé par ceux qui avaient eu la chance de mettre les pieds aux USA.

Une génération hédoniste mais concernée par les grands problèmes sociaux et politiques. Qui croyait encore qu’elle pouvait changer le monde. Certains l’ont fait d’ailleurs, partiellement et pas toujours pour le mieux.

Une génération floue entre lumière et ombre. Joie et catastrophes. La fin d’une ère et le début d’une autre.

C’est probablement pour cela que rien ne nous décrit.

La génération indéfinissable en somme.

C’est pas forcément plus mal.

7 commentaires

  1. C’est vrai que nous n’avons pas de nom. Je n’y avais jamais pensé. Ce n’est peut-être pas plus mal quand je vois que ma fille est de la génération Bataclan….

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    • Ah la génération Bataclan c’est la Y ou la Z. Mais c’est vrai que finalement ne pas avoir de nom, c’est pas plus mal. On peut lui donner le nom qu’on veut.

      Aimé par 1 personne

    • Oui, j’aimerais bien en récupérer un en fait. J’ai juste repiqué une photo. On avait exactement le même quand j’étais petite mais malheureusement on ne l’a pas gardé

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