Humeurs et humour
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Billet décomplexé de l’éducation

Ceci fait suite à une discussion sur les réseaux sociaux sur la difficulté de communiquer avec une pré-ado et le jugement que peut porter l’entourage sur l’éducation que tu donnes à ta progéniture.

Ayant passé environ tous les stades de l’éducation de la descendance, je peux me permettre de prodiguer quelques conseils parfois utiles à des parents la tête dans le guidon de périodes pas toujours faciles.

En général, ça dure 5 minutes au bout desquelles je commence à soupirer en demandant « bon on peut parler d’autre chose ? ».

J’assume totalement le fait de ne pas apprécier plus que ça les enfants. En fait je ne déteste pas les enfants, c’est juste que les enfants ne m’intéressent pas. Point.

J’adore les miens, sans nulle doute, j’ai voulu en avoir, je les ai portés et maternés, mais en gros, ceux des autres, je m’en contrecogne assez globalement.

Les 10 années de petite enfance et donc d’occupation maternante m’ont paru rétrospectivement un long tunnel d’ennui où l’hédoniste autocentrée que je suis était obligée de subir des contraintes la divertissant de son but ultime : s’occuper d’elle et de ses centres d’intérêt.

Non, je n’ai rien de maternant, je n’ai pas aimé être enceinte, je n’ai pas aimé être « mère » tel qu’on l’entend habituellement. Je l’ai fait parce que j’avais choisi et que ce choix me rendait responsable de deux personnes que je devais rendre autonomes et prêtes à vivre en société.

Ce qui visiblement est à peu près le cas. Ils sont de l’avis général débrouillards, créatifs, autonomes et globalement ce qu’on appelle « bien élevés ».

Pourtant, je n’ai pas passé ma vie à les convoyer d’une activité à l’autre pour les éveiller ni à tester toutes les méthodes éducatives possibles.

J’ai fait selon mon instinct, partant de la phrase ultime que mes parents m’ont un jour balancée « de toutes manières tes enfants auront toujours quelque chose à te reprocher, même si tu fais le maximum« . Partant de cette base, j’ai fait au mieux, sans aucun complexe de ce que je pouvais entreprendre ou pas.

Deuxième pilier de mon éducation « c’est moi le parent, c’est moi qui ait raison, jusqu’à ce que tu sois autonome, notamment financièrement ».

L’écoute, oui, jusqu’à un certain stade. Je ne passe pas des heures à argumenter avec un gamin de 4 ans qui refuse d’aller se coucher ou d’avaler son assiette. Il le fait. Point.

Le développement personnel ? C’est ouvrir leurs horizons. Discuter. Leur montrer des choses. Les laisser se débrouiller. Surtout. Et s’ennuyer. C’est important, ça développe l’imagination.

L’avis des autres ? Je m’en fiche degré 3570. Je fuyais les mères et leurs discussions sur la meilleure méthode d’éveil musical à la sortie de l’école comme la peste.

L’adolescence ? Horrible quand ce sont les tiens (sinon les ados sont rigolos). Il n’y a pas de solution ultime, il faut faire avec et tenter de préserver son système nerveux. L’humour est une bonne solution. Sache que l’ado débranche le canal d’écoute parental, il n’entend de toutes façons rien de tes vociférations quand sa chambre ressemble à une annexe de Tchernobyl ou quand il ne fout rien en classe.

Oui c’est dur parce que tu t’inquiètes pour sa vie future et c’est normal. Mais je te rassure, l’ado moyen qui a des notes calamiteuses au lycée ne finira pas sous les ponts. Et te confirme que dans la vie ce ne sont pas forcément les premiers de la classe qui réussissent le mieux, bien au contraire.

Rétrospectivement le meilleur conseil que je pourrais donc donner c’est de lâcher prise, d’être soi-même et de faire comme tu le sens.

Et surtout de lâcher un peu les gamins en évitant de vouloir les transformer en bêtes de concours.

Donne-leur des clés, s’ils sont un peu fûtés, ils ouvriront les serrures tous seuls.

Mes fils ne sont pas parfaits, je ne suis pas parfaite, je n’attends donc pas d’eux qu’ils le soient. Je les accepte tels qu’ils sont et non pas tels que je voudrais qu’ils soient.

A partir du moment où ils sont équilibrés, heureux et autonomes, je considère que j’ai rempli mon rôle.

Je peux donc retourner à mes occupations hédonistes et autocentrées.

Et non je ne suis pas du tout pressée d’avoir des petits-enfants, vu ce que j’ai dit en préambule et l’état potentiel du monde futur, même si ça choque, si mes fils n’ont pas de descendance, franchement, ça ne me gênera pas plus que ça.

Ou alors grand-mère indigne.

Oui, ça c’est pas mal finalement.

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