Humeurs et humour
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Agoraphobe de groupe

Paradoxalement pour une personne qui adore parler avec la terre entière online ou faire l’imbécile avec un slip sur la tête en petit comité, dès que je me retrouve dans un grand groupe, surtout un grand groupe composé de gens peu ou pas familiers, type mariage, célébrations diverses avec banquet, ou séminaire d’entreprise, je me recroqueville assez immédiatement.

Contrairement aux extravertis qui vont tenter de communiquer avec le plus grand nombre de personnes possibles, la vraie introvertie que je suis se replie dans un coin en tentant de se faire oublier.

Trop de bruit, trop de gens, trop de connexions, trop de sollicitations, trop de conversations qui m’intéressent peu ou pas du tout. « on a pas eu d’hiver, hein, c’est surprenant ce temps » . Voilà voilà voilà.

Mes neurones dédiés à la communication saturent rapidement et m’envoient tout aussi vite des messages de danger imminent « niveau maximum, attention, surchauffe, alerte rouge, repliez-vous de toute urgence ».

Il y a encore quelques années j’arrivais à tenir environ 24 h avant implosion, voire à me dandiner vaguement sur une piste de danse histoire de donner le change.

Aujourd’hui, je viens encore de l’expérimenter il y a peu, au bout de quelques heures mes batteries se mettent en surchauffe.

A ce stade, soit je ressors l’armure à piques du justicier de l’espace et j’agresse la terre entière pour rien, ce qui n’est agréable ni pour les autres, ni pour moi.

Soit je me renferme comme une huitre qu’aucun couteau d’écailler ne peut ouvrir. Ce qui n’est pas plus agréable.

J’ai tenté de lutter contre cette fâcheuse tendance, mais rien à faire. Donnez-moi un lieu quelconque enfermée avec environ plus de 50 personnes et obligée de suivre un programme écrit à l’avance et toute ma convivialité dont quelques proches peuvent témoigner disparait aussi vite qu’un avion dans le triangle des Bermudes.

Ajoutez-y un banquet où les gens font tourner des serviettes en chantant des chanson de Patrick Sébastien et c’est l’antichambre de l’enfer.

J’ai brutalement l’impression de me dissoudre dans un grand tout, d’être obligée d’être « comme tout le monde », de perdre mon identité, ma singularité. D’être obligée d’être conviviale alors que je n’en ai pas forcément envie à l’instant T.

C’est l’angoisse.

Je n’ai rapidement plus qu’une envie, celle de battre en retraite dans une chambre au calme avec surtout plus personne qui ne m’adresse la parole ou me demande un renseignement.

J’avoue, ma capacité mémoire au niveau interaction avec les autres  dans la vraie vie est relativement réduite.

A contrario, je n’aime rien tant que les petits groupes de 10 ou 20 personnes avec une vraie convivialité et des conversations enrichissantes ou drôles.

Voire, paradoxalement, être entourée d’une foule anonyme mais dans une activité que j’aime faire. Aller à un concert ou dans un bar ne me gêne absolument pas.

C’est réellement le semi-anonymat qui me gêne le plus.

De la même façon, autant je peux aller très loin en petit comité, autant la perspective de parler en public face à des gens plus ou moins connus ou de monter sur scène me paralyse complètement.

Ne me demandez jamais de faire un discours dans un banquet ou de traverser une salle bondée pour monter sur scène recevoir un prix quelconque.

J’ai l’impression que tout le monde me regarde en pensant « mais qu’est-ce que c’est que cette grosse moche qui nous emmerde ».

Quand je suis vraiment obligée de le faire, j’en fais des cauchemars des jours à l’avance, voire je suis physiquement malade avec suées et vomissements à l’appui.

J’avais espéré qu’avec l’âge et la sagesse cette peur panique d’une foule qui te fixe disparaîtrait. Il n’en est rien. C’est même pire.

Adieu donc mes rêves de briller sous les projecteurs. …

Ou pas. C’est vrai que maintenant il y a internet et les vidéos.

Que potentiellement plus de 50 personnes peuvent voir. C’est donc encore une fois paradoxal.

Oui, mais moi je ne les vois pas me regarder d’un oeil inquisiteur ces personnes, c’est la différence.

Je ne les entends pas penser, je ne vois pas leurs réactions, leurs mimiques, leurs sourires ou leurs grimaces.

La distance créée par l’écran m’arrange. Me facilite les choses. Je peux donc me lâcher complètement.

On va voir d’ailleurs si j’arrive à me lâcher complètement…

Mais ça, c’est une autre histoire

(teasing).

(et oui finalement, je suis bien toute seule sur mon trône….)

 

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