Humeurs et humour
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Vole, petit oiseau, vole

Quand tu as de grands enfants, ou de jeunes adultes qui Tanguysent encore chez toi malgré toutes tes tentatives pour leur indiquer la sortie arrive quand même un jour où le sujet prend conscience que zoner chez les darons, c’est de la balle, certes, mais que c’est quand même embêtant d’avoir maman qui hurle deux heures du matin « JE.T’AI.DEJA.DIT.DE.MANGER.A.DES.HEURES.NORMALES.CA.ME.REVEILLE » alors que tu voulais juste te faire 12 steaks hachés avec des pâtes carbonara parce que tu avais un petit creux en rentrant de chez tes potes.

Oui, finalement, après plusieurs années d’efforts soutenus, le sujet prend soudain conscience qu’être chez soi peinard sans quelqu’un qui lui demande une fois par moi de prendre un karcher et une pelleteuse pour ranger sa chambre, c’est pas mal.

Il commence donc à s’organiser plus ou moins bien (plutôt mal que bien en l’occurrence) pour aller habiter ailleurs.

Commence un long tunnel de questionnement à base de « ah tiens, si je gardais deux euros en poche pour payer la co-location ».

Ce qui, quand on a l’habitude d’être nourri-logé-blanchi et d’avoir une paye dépensée avant même d’arriver sur son compte est parfois problématique.

Le presque-adulte découvre alors avec effarement que, oui, il faut payer des trucs. Genre de quoi se nourrir, se laver et surtout une connexion wifi dont il pensait que c’était quelque chose genre gratuit qui tombait des nuages comme la pluie sur la Bretagne. ET surtout qu’il y a un grand tout qui s’appelle le ministère des finances qui va lui demander rapidement des comptes.

Mais  comme il a le choix entre sa mère qui le regarde en biais en disant « va peut-être falloir penser à te prendre en main » et le trésor public, il choisit le trésor public qui, lui, n’a jamais commis d’infanticide par défenestration.

Bon gré, mal gré, il prépare son départ, son barda et quitte donc le nid pour vivre sa vie.

A ce stade, souvent, ses parents ont quand même un peu le syndrome du nid vide. Une phase de réflexion intense à base de « c’est une époque qui se termine, on passe à autre chose, nostalgie, tristesse, désoeuvrement ».

Du moins parait-il.

En fait, pas du tout.

1/ Je suis heureuse d’avoir une progéniture qui se prend en main et s’autonomise au lieu de ne pas savoir mettre un pied devant l’autre et qui a eu une réflexion très sensée à base de « Paris c’est impossible pour se loger, je pars à Bruxelles, c’est moins cher et plus simple ». J’estime donc avoir réussi ma mission de parent : mettre ses enfants sur la chemin de la vie en faisant en sorte qu’ils se débrouillent.

2/ Le sujet était déjà là en pointillé depuis un ou deux ans, çà laisse le temps de s’habituer

3/ J’ai suffisamment d’occupations pour ne pas tourner en rond en ruminant

4/ Je récupère une pièce POUR MOI où je vais pouvoir empiler mon ordi, mes papiers, mes bougies parfumées, mes gris-gris et ma déco chelou sans que ça dérange qui que ce soit

C’est donc tellement à la limite du bonheur que certaines mauvaises langues pourraient dire que c’est indécent.

Bon ok, c’est indécent. Mais qui a dit que j’étais décente au niveau maternel ? Personne.

Sinon, parent de jeune adulte qui squatte, ne redoute pas le moment où ta progéniture va, tel le petit oiseau, quitter le nid. C’est la vie, c’est normal, c’est sain, c’est bien.

Le mieux est de trouver ses propres occupations et son propre rythme. Ce n’est en rien la fin de quelque chose, vois-le plutôt comme le début d’une nouvelle ère qui peut être plutôt réjouissante.

Il ou elle reviendra, ne t’inquiète pas.

(potentiellement avec une valise de linge sale à laver parce qu’il n’a pas pu s’acheter de machine, mais ceci est une autre histoire…)

(pendant ce temps là je fais du hoverboard avec des hipsters).

 

2 commentaires

  1. bbflo dit

    Etant moi-même équipée d’un jeune adulte à la maison (et d’une jeune adulte qui n’est plus à la maison mais me harcèle de sms / coups de fil / photos H24 sans imaginer qu’éventuellement je bosse / parle à quelqu’un d’autre / lis / dors), je ne peux qu’approuver. vraiment. le coup du troupeau de buffles dans la cuisine à 3h du mat’ c’est juste exactement ça…

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    • Misère. Ceci dit j’ai plus qu’un buffle à demeure. Qui commence à être là en pointillé aussi. On retrouve progressivement le calme.

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