Humeurs et humour
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Mid-Life crisis

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 (30) ans ne peuvent pas connaître.

Non pas la bohême. La bo-hêmmmmeuuuh.

Le temps où tu te réveilles un matin en te demandant subitement « alors j’ai humhum ans, qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? »

Soit tu es Mozart, Einstein, Steve Jobs ou le président de la république et tu te retournes dans ton lit avant de te rendormir en pensant « ok, ça va, j’ai changé le monde ».

Soit tu fais partie comme toi et moi des 99 % de la population qui n’a pas une destinée hors du commun et tu restes éveillée en regardant le plafond et en commençant une longue introspection dans le style « putain, mais j’ai rien fait de bien, mais POURQUOI ? » et en te remémorant tes rêves de jeunesse où tu pensait naïvement que tu serais maître du monde, voire de l’univers et de sa banlieue.

Et le POURQUOI commence à devenir obsessionnel. POURQUOI les autres. POURQUOI pas moi ? POURQUOI j’ai renoncé ?  QU’EST-CE QUE j’ai raté ? OU est-ce que je me suis endormie ? J’avais tout en main et je n’ai rien fait… Etc, etc…

Le pourquoi se combine aussi avec une horloge non pas biologique mais temporelle qui fait « tic tac tic tac » dans un coin de ton cerveau. Le tic tac signifiant « J’ai déjà utilisé pas mal de jokers en terme de temps, combien m’en reste-t-il ? »

Le mix pourquoi + horloge peut te conduire rapidement sur le terrain de la perplexité. Voire de l’angoisse. Une angoisse qui grandit avec ce fichu temps qui s’écoule encore, irrémédiablement et que se charge de te rappeler chaque matin ton miroir de salle de bains au réveil.

Cette angoisse te conduit parfois à prendre des virages à 360°. Ou a tenter de retenir le temps qui court. Ou à remettre tout en perspective ou à plat dans ta vie. Ou à t’angoisser encore plus parce que tu as peur du vide devant toi, peur de sauter le pas, peur de changer une vie qui te convenait plus ou moins jusqu’alors.

Tu peux facilement perdre pied dans ce tourbillon d’envies et d’angoisses contradictoires.

C’est ce qui arrive d’ailleurs très souvent. Qu’on l’appelle crise de la cinquantaine ou autre chose, alors qu’on pensait être débarrassée de ce genre de quête existentielle, on vit un genre de seconde adolescence à rebours où tout est urgent et tout est compliqué, l’acné et l’appareil dentaire en moins.

Quand on est pris dans ce maelstrom d’idées confuses, et parfois d’envies inachevées, on se dit parfois « je deviens fou/folle ».

Non. C’est complètement normal. Humain et normal. N’importe quel spécialiste que tu ne dois pas hésiter à consulter si tu te sens submergé(e) par trop d’émotions et d’angoisse te le diras.

C’est l’âge où, après avoir souvent vécu et pensé en mode « nous » c’est-à-dire couple, enfants, famille, travail, amis, tu passes en mode « je ». Qu’est-ce que JE fais ? Qu’est-ce qui ME convient ? Qu’est-ce que JE veux et qu’est-ce que JE ne veux plus.

Passer du collectif à l’individuel n’est facile pour personne. Se retrouver face à soi-même, ses envies et ses contradictions non plus.

Il faut parfois vider ses placards mentaux et faire du tri pour pouvoir faire un vide-dressing géant et faire place nette avec un peu de sous en plus, si l’image peut être parlante.

Mais une fois le ménage achevé, c’est un peu de bonheur en plus. On arrive à savoir qui on est et ce qu’on veut exactement. Tant pis si ça ne convient pas aux gens qui t’entourent.

Parce que l’avantage d’avancer en âge, car il y a des avantages, c’est l’expérience, le recul et surtout que tu te fous complètement de ce que les autres peuvent bien penser.

Une fois que tu as réalisé que les seules barrières que tu as c’est celles que tu veux bien te mettre, je t’assure que le bonheur va quasiment camper sur ton paillasson.

C’est un long travail, parfois douloureux. Mais nécessaire.

Aujourd’hui après cette longue adolescence à retardement, je peux enfin dire que pour moi, le bonheur n’est pas dans le pré, mais bien dans l’après.

Demain sera peut-être plus ridé mais bien plus lumineux qu’hier.

De toutes manières j’ai décidé que 2016 serait mon année.

Et si j’ai décidé, ce sera.

 

 

 

 

 

 

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